Тигр, Тигр

Time is the substance from which I am made. Time is a river which carries me along, but I am the river; it is a tiger that devours me, but I am the tiger; it is a fire that consumes me, but I am the fire. (Jorge Luis Borges)

tiger-tiger

Tigris Regalis…

………………………………….Etrange maître…

Saint patron des bourrasques, et des occlusions………………

18:35 / je fais la pause. J’écoute le battement de coeur du fauve hypothétique – sous prétexte d’un café, et d’un espace de respiration.

Pause, comme un soupir sur une partition… C’est, alors, respirer entre deux failles. Comme dans une lézarde, dans les hauts murs de Petra.

Les remparts effrangés de Petra, parfois, ressemblent au pelage qu’on me prête – en strates vives, en terribles et bruyantes érosions. Même par temps calme, quand la poussière fait silence, on peut entendre le bruit du vent. Imaginer la gouge des tempêtes, le frottement crissant des particules. Le ciel semble bas, d’être si haut. La beauté est si intolérable, alors, qu’il faut traverser les espaces à vif de ces interstices en fermant les yeux. En n’usant, pour les regarder, que de ses mains.

Tiger, Tiger, burning bright…

C’est passer entre les arches d’une cage thoracique, avant même que le fauve se soit abattu, et que le temps ait avachi ses formes

Petra, petris, Felis tigris…

Sous la poussée cinglante des urgences imposées, des luttes de saison, des résistances utiles… même les stries de ce tapis persan, parfois, se cabrent. Ruent, secouent leur symétrie, — que d’aucuns ont jugé terrible, pour des raisons qui n’en finiront jamais de me laisser perplexe.

Je ne pardonne pas à mes ennemis. Je ne leur pardonne rien, par conviction, us, et méthode. Mais moins encore cette fois, et pour plus de raisons que d’autres. De toutes les libertés qu’ils ont pris, cette fois, avec l’arithmétique du monde, avec la nature et le but de la Loi (que j’ai le privilège amer de tant aimer, et de voir si mal servie) il y en a une qui me concerne, et à laquelle j’ai la faiblesse singulière d’accorder la cocarde de la ‘subjectivité’.

Le temps qu’ils me volent, ils le volent, cette fois, sur les pages d’un livre que je n’ai jamais écrit. Sur l’édit d’indulgence que ma superbe de fauve mécanique n’a que si rarement consenti à délivrer. Sur des quartiers de cadran que, pour une fois, oui, je voudrais réclamer pour moi-même. C’est cela, alors, plus que tout, que je ne peux trouver à leur pardonner.De me voler du temps dont j’avais, par miracle, quelque chose à faire, et une énergie que ma férocité aimerait dépenser autre part.

Je comprends, en ces jours, pourquoi les autres peinent tant à faire la guerre. C’est un don bien lourd à concéder, quand on voudrait tout donner à la vie.

Même si cela ne consistait qu’à attendre le bruit d’une porte qui s’ouvre, l’observation amusée de notre propre souffle, ou la pleine expérimentation de cette dérive issue de nuits sans sommeil – à se bercer de murmures, de stupéfaction et de Grâce, plus ivre de sa propre substance que Salomon du vin de ses vergers.

Ce qu’il y a de plus haïssable dans la petitesse des hommes, c’est qu’elle exerce le choléra de ses noires entreprises au prix du soleil des autres, et d’une lumière que ces ratatinés ne pourront jamais comprendre, ou envisager. Pendant qu’ils rêvent de centimes, de sangsues, de centuples, d’autres êtres moins gourmands des palliatifs monétaires vivent, eux, vivent, et savent de la façon la plus intime quel est le sens et le but absolu de la vie.

Il suffirait que l’on puisse injecter à ces raclures, en une seule fois, ce que ressent un homme libre en une seule minute de bonheur déflagrant… pour que ces homoncules malformés crèvent de sentir affluer le sang à leurs tempes, l’air à leurs poumons, la vie à leurs membres, et un chant de gratitude à leurs bouches. Rien que le chant, j’en fais le pari, serait assez pour les éteindre. Et la poussée du sang les  annihilerait avant même d’avoir eu l’opportunité d’atteindre le tubercule asséché qui leur tient lieu de coeur. Comme il faut avoir fait de soi un néant inimaginable, pour saccager le monde pour empiler des miradors de pièces jaunes, et des lettres de change aux comptoirs des discrédits!

Je souhaite à ceux qui m’obligent à dépenser mon temps à les combattre de recevoir, pour une fois, ce qu’ils ne méritent pas. I wish them LOVE. Je sais que faire ce don aux êtres de cette taille les rendra au sable dont ils n’auraient jamais dû émerger.

Mais je dois aller, à présent, je dois courir, je dois pousser mon cri barbare…

La pause, et la cause… non, ils ne comprendraient pas. Ils ne savent pas ce que c’est, que de naître sous la terrible symétrie des lézardes — celles des Tigres, et des cités ensablées.

Et moi, que sais-je de ce qui motive les petits hommes? Je suis un Tigre, et rien de plus.

 

Absence is to love what wind is to fire; it extinguishes the small, it inflames the great.”  (Roger de Bussy-Rabutin)

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One response to “Тигр, Тигр

  1. Aow (says the tiger-whisperer, blastée encore par la conflagration de sweet-sacred-synchronicity)

    Oh se faire, à l’heure où battent les tambours de guerre, le chantre de la Grâce, ce “porteur du plus beau chant”… heureuse je suis, et au-delà, d’embrasser ta brillance sous nos cieux, de sentir vivre sous la main ta beauté striée, et le coeur qui y bat.

    Puissent, yes, les voleurs de temps, qui ne savent rien des voleurs de feu qu’ils pillent, plier de grâce.

    *sending you whispers of love*

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